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Le développement d'une pellicule


Les pellicules d'aujourd'hui et la couleur



Synthèse additive ou soustractive des couleurs
Constitution d'un film couleur
Le film négatif couleur
Format des films
Les films type lumière du jour et type lumière artificielle
Sensibilité des films
Les films couleurs et leur traitement
Le papier couleur



Il faut savoir que ce que nous considérons comme lumière « blanche » résulte en fait du mélange de radiations de différentes longueurs d’ondes.
Les couleurs peuvent  résulter de l’addition ou de la soustraction de différentes radiations de la lumière : un mélange à peu près égal de toutes les radiations visibles donne de la lumière blanche.
Mais il suffit de prendre les trois régions principales du spectre c’est à dire : le bleu, le vert et le rouge et de les mélanger en différentes proportions pour pouvoir reproduire toutes les teintes. Cette constatation est importante parce qu’elle signifie qu’un film couleur n’a besoin que de trois couches respectivement sensibles à ces trois lumières primaires pour être capable de reproduire toutes les couleurs.
On peut également soustraire certaines proportions de radiations à la lumière blanche pour parvenir à cette synthèse des couleurs. Par exemple pour soustraire du bleu, il suffit de placer un filtre jaune dans le faisceau de lumière. En effet, ce filtre laisse passer la lumière rouge et la lumière verte. De même pour soustraire la lumière verte, il faut un filtre magenta. Enfin pour soustraire le rouge on utilise un  filtre violet bleu (ou cyan).
Ainsi on peut dire que le jaune, le magenta et le cyan sont respectivement les teintes complémentaires du bleu, du vert et du rouge.
Un film couleur est constitué de trois émulsions noir et blanc superposées. La première couche n’est sensible qu’aux radiations violet bleu ; la deuxième, qu’aux vertes ; et la troisième, qu’aux radiations rouges. Ainsi les parties bleues du sujet à photographier ne s’enregistrent que sur la première couche ; les parties vertes, sur la deuxième ; les rouges sur la troisième. Les autres couleurs impressionnent à la fois deux ou trois couches du film. Le jaune, par exemple, impressionnera les couche du vert et du rouge mais pas celle du bleu.
On peut remarquer qu'après la couche sensible au violet bleu est insérée une couche filtrante jaune détruite lors du traitement qui arrête les radiations violet – bleu en excès pouvant affecter les deux autres couches. Une cinquième couche représente quant à elle le support.
Lors de la prise de vue aucune image n’est apparente sur le film et celui-ci reste sensible à la lumière jusqu’au moment du développement. En effet, les parties isolées forment une image sur le film dite « latente ».
Après développement, les négatifs obtenus, insensibles à la lumière du jour, ne montrent pas les couleurs réelles du sujet, mais leurs complémentaires, et présentent une coloration orangée.
Lors du tirage sur papier, les couleurs sont inversées pour rendre à l’image sa teinte d’origine.


Pour les appareils 35mm, les films se présentent sous forme de cartouches en plastique ou métal, alors que les films en bobines pour appareils de format moyen sont enroulés dans un papier protecteur. Les films destinés aux appareils de grand format sont les plans films.


- Film 110
Ce format très utilisé autrefois est si petit que les tirages obtenus sont de qualité médiocre. Ces films sont contenus dans une cartouche en plastique qui rend leur chargement aisé.

- Film 135 ou 24x36 (mm)
C’est le format standard le plus utilisé, qu’on trouve dans un grand nombre de marques. Il existe pour les tirages sur papier et pour les diapositives. Ce type de film peut être de différentes longueurs et sensibilités. Il permet d'obtenir des agrandissements de qualités jusqu'à 50x75, en fonction de la qualité de la pellicule utilisée.

- Film en bobines
Egalement appelés film 120 ou 220. Les films en bobines sont utilisés pour tous les appareils de moyen format (6 x 6 cm et 4.5 x 6 cm).  Ces formats sont encore utilisés par les professionnels et certains amateurs.

- Plans films
Ils sont vendus par boîtes d’au moins dix films.

- APS (Advanced Photographic System) : le film de demain ?
Lancé depuis 1996, il est sensé remplacer le format 24x36. La taille du négatif est de 17 mm * 30 mm. Malgré quelques avantages (trois formats de prises de vue, sécurité de chargement, fonctions supplémentaires), il a du mal à s’imposer, d’autant plus avec le développement du numérique. Le choix demeure souvent aujourd’hui : le 24x36 ou le numérique.
Les films sont conçus pour donner les meilleurs résultats quand on les emploie avec des éclairages spécifiques. La plupart des films sont destinés à être utilisés à la lumière du jour ou en intérieur avec un flash électronique, ces deux types d’éclairage ayant la même « température » de couleur. Si un film type lumière naturelle est exposé à un éclairage artificiel, il présentera une teinte orangée prononcée. Il est donc capital d’acheter le type de film qui convient à la source de lumière utilisée. Les films noir et blanc quant à eux  peuvent être employés avec n’importe quel éclairage sans risque de déformation des couleurs.
Chaque marque utilise des teintures différentes qui donnent des variantes de couleurs subtiles. Les couleurs peuvent aussi varier suivant la sensibilité des films du même fabricant.
Le film photographique est constitué d'un support sur lequel est couchée de la gélatine contenant des cristaux d'halogénures d'argent sensibles à la lumière. Ces cristaux, suivant leur grosseur, réagissent plus ou moins rapidement à une certaine quantité de lumière. Le film a donc une certaine sensibilité. Cette sensibilité est normalisée à la fabrication.
L'appellation ASA définit la sensibilité de la pellicule à la lumière. Celle-ci est aussi appelée rapidité car elle indique s’il faut plus ou moins de temps pour imprimer l’image. Elle est proportionnelle à la taille des grains de microcristaux. Elle se mesurait en DIN, puis en ASA (encore utilisé) mais maintenant de plus en plus en ISO (International Standards Organization).

ASA 25 32 50 64 100 125 200 400 500
DIN 15 16 18 19 21 22 24 28 30

On classe les films en trois groupes : très sensibles, moyens et peu sensibles. Pour les différencier, à chaque sensibilité de film correspond un nombre. Les films sensibles ont des nombres ISO élevés, et les films peu sensibles de petits nombres. On utilise les premiers avec un très faible éclairage, car il est ainsi plus facile d’obtenir une image correctement exposée, alors que des films moins sensibles peuvent provoquer une sous-exposition. Les films les plus sensibles présentent cependant un inconvénient, l’image est moins « piquée » et plus contractée. Les films peu sensibles sont parfaits avec un bon éclairage, et quand on a besoin de tirages de bonne qualité.

- Films peu sensibles < 32 ASA
Ce type de film est idéal pour les sujets très éclairés, ou si l’on veut obtenir un léger mouvement ou un effet de flou. Son grain étant fin, on l’utilise souvent pour les natures mortes, afin de bien restituer les détails. Avec un faible éclairage, il faut prévoir un temps d’exposition assez long.

- Films de sensibilité moyenne 200 ASA
Les films de sensibilité moyenne conviennent à un large éventail de sujets et d’éclairages différents. Si la lumière ambiante est très intense, comme avec moins de lumière (au lever ou au coucher du soleil), c’est le film le plus couramment utilisé car il s’adapte à de multiples situations.

- Films assez sensibles 400 ASA
La sensibilité de ce type de film permet de photographier des sujets dans des endroits mal éclairés. On utilise ce type de film avec des sujets qui exige une grande vitesse d’obturation pour figer le mouvement associé à une faible ouverture.

- Films très sensibles 1000 ASA
On utilise ce type de film quand l’éclairage est vraiment très faible, dans une pièce mal éclairée ou au crépuscule. Ces films sont si sensibles qu’ils donnent des résultats acceptables même à la lumière d’une allumette. Par contre on obtient une image de texture granuleuse.
Les films classiques sont de deux sortes : les films négatifs destinés à être agrandis pour donner des épreuves sur papier couleurs, et les films inversibles conduisant à des diapositives pour projection.

Les films négatifs et leur développement

- Développement chromogène
La première étape du traitement d’un film négatif couleur est le développement chromogène. Chacune des trois couches exposées est réduite en argent métallique, les produits d’oxydation du révélateur s’associent avec des coupleurs contenus dans les émulsions pour former les colorants. Colorant jaune pour la couche sensible au bleu, magenta pour la couche sensible au vert et cyan pour celle sensible au rouge. Il y a donc formation simultanée de colorants dans chacune des trois couches du film.

- Blanchiment et fixage
Les images colorées sont cachées sous les images argentiques noires dans chacune des trois couches. L’étape du blanchiment consiste à blanchir et à éliminer l’argent métallique, sans affecter les colorants, tout en dissolvant les parties non exposées de l’émulsion. Il ne reste plus qu’à laver et à sécher le film. On obtient un négatif insensible à la lumière et avec des couleurs complémentaires à celles du sujet.

Les films inversibles

- Le développement noir et blanc
La première étape du traitement d’un film inversible est le développement noir et blanc classique. Dans chaque couche se forme une image argentique négative. Cette étape est importante parce qu’elle détermine la quantité d’halogénures résiduels qui seront utilisés pour former l’image positive couleur.

- Inversion
Le film rincé et tanné est uniformément voilé en exposant la spirale à la lumière vive d’une lampe à incandescence. Parfois, l’inversion est provoquée chimiquement par des substances introduites dans le révélateur chromogène.

- Développement chromogène
Le révélateur chromogène réduit les halogénures résiduels en argent métallique. En même temps se forment dans chacune des trois couches les colorants jaune, magenta, et cyan. A cette étape, le film est opaque.

- Blanchiment et fixage
Le film est ensuite soumis au bain de blanchiment qui dissout l’image négative formée dans le premier développement et celle (positive) formée lors du développement chromogène. Il ne reste dans l’émulsion que les colorants formants une image couleur positive. Le film est ensuite fixé, lavé, stabilisé et séché. On obtient finalement la diapositive finale qui reproduit les couleurs originales du sujet.

La constitution du papier couleur est analogue à celle des films, mais il n’y a pas de couche filtrante intermédiaire et les trois couches sont sensibles à des bandes plus étroites de radiations bleues vertes et rouges.
Ils doivent être manipulés et traités dans l’obscurité complète. L’exposition se fait généralement par agrandissement. Il est obtenu en filtrant la lumière blanche de l’agrandisseur, par interposition de filtres colorés de la densité requise. On peut également donner trois poses successives sous trois filtres primaires : bleu, vert et rouge.
Le papier sensible couleur est ensuite traité : développement chromogène, blanchiment, fixage et enfin lavage final. Le résultat final est une image positive couleur sur support opaque.