Le développement d'une pellicule
La pratique du développement pour le noir et blanc
Les pellicules photographiques
Le développement en pratique
Développement du film négatif
Obtention des positifs
Pratique de l'agrandissement
Nous commencerons par expliquer le
principe du développement pour ce qui est du noir et blanc. En effet, même si
le principe demeure le même pour la couleur, il est beaucoup plus long et
complexe d’un point de vue chimique, le but n’étant pas de se perdre dans la
chimie de la photographie.
La pellicule est composée de plusieurs
microcristaux dont chacun (de quelques micromètres de diamètre) est un
récepteur sensible à la lumière. Ses dimensions définissent le grain de la
pellicule.
D’une façon très générale,
la structure d’un film sensible est :
(voir page suivante pour plus de précisions sur les pellicules couleurs)
Soit donc plus précisément :

Les couches adhésives : Elles
ont pour seule utilité de maintenir les différentes couches du film entre
elles.
La couche protectrice :
Elle permet de protéger les couches inférieures de toutes les agressions
extérieures que peut subir le film.
La couche plastique : Elle
forme le support du film, c'est la partie la plus épaisse de toutes.
La couche de gélatine :
Elle est le siège des réactions chimiques et contient de minuscules cristaux
d'argent ; c'est cette couche qui est imprimée par la lumière lors de
l'exposition.
Les grandes étapes sont
résumées par ce schéma :

La plaque ou la pellicule exposée doit
être développée (grossièrement, cela veut dire révélée puis fixée). On expose
une feuille de papier photosensible grâce au négatif obtenu grâce à la
pellicule. Ce papier est lui-même développé pour donner la photographie.
Tous les bains chimiques
se préparent de la façon dont le fabricant l’indique. Il est très important de
respecter les doses de dilution, les températures et les temps indiqués pour chaque
bain (les temps donnés ensuite servent à donner un ordre d’idée).

Voici un exemple de pièce
organisée dans le but de développer des photographies.
Toutes les opérations concernant le
développement du négatif sont à opérer avec soin car le film est fragile et se
raye facilement de façon irréversible.
Enrouler le film sur son
tambour dans l’obscurité complète (pour les cuves de développement courantes).

Préparer le bain révélateur selon les
indications propres à chaque produit. Amener celui-ci à 20°C. Verser dans la
cuve qui contient déjà le film.

Remuer fréquemment.

Quels que
soient les temps d'agitation choisis, il faut faire en sorte que les séquences
soient les plus régulières possibles. Cela sert à éliminer les bulles qui se
coincent dans les spires. Surveiller le temps de développement indiqué selon la
force du révélateur et la sensibilité du film. Vider le bain et rincer à l’eau
ordinaire deux ou trois fois.
Disposer le bain d’arrêt après l’avoir
préparer au début des opérations. Remuer de temps en temps la cuve. Au bout de
3 minutes, vider le bain d’arrêt.
On fait de la même façon pour le bain
fixateur, en respectant le temps propre au fixage (10 minutes environ
normalement).
Sortir le film de la cuve. L’immerger
dans une cuvette placée sous un robinet d’eau, durant une quarantaine de
minutes.
Le film étant plongé dans un produit
mouillant, le dégager du tambour avec précaution. Le suspendre à l’abri de la
poussière, de façon à ce qu’il soit bien vertical.
Découper le négatif en bandes.
On peut réaliser un tirage dit
« contact » avant d’agrandir et de tirer sur papier le négatif
obtenu. Comme son nom l’indique, ce type de tirage consiste à tirer une image
positive de même format que le négatif, par simple contact du négatif et de la
feuille de papier tirage. Tous les clichés étant disposés côte à côte, on
obtient une « planche contact » permettant de contrôler tous les
clichés d’un même rouleau de pellicule.
Comme pour
le film, il y a un support : cortoline ou papier. Il y a deux couches de
protections : une couche d’émulsion, une couche de Baryte. L’émulsion est
constituée d’halogénure d’argent comme le film.
Il y a différents facteurs pour
choisir le papier :
- la
surface : brillant, perlé, ou mat brillant : noir profond et une gradation tonale
étendue (Mat : image plus veloutée, plus adoucie, avec des ombres et des hautes
lumières moins détaillées)
- la sensibilité
- le contraste : on
peut utiliser du papier multigrade, c’est-à-dire qui admet plusieurs contrastes
Peu contrasté : papier dur (gradation 5 ou 6).
Correct : normal (gradation 3 ou 4).
Très contrasté : doux (gradation 1 ou 2).
Un agrandisseur permet de
projeter et d’agrandir sur le papier photographique l’image du cliché négatif
inséré devant une source lumineuse.

Déterminer au préalable le négatif à
agrandir (grâce à la planche « contact ») et le rapport
d’agrandissement. Régler la mise au point en tournant le bouton de réglage qui
abaisse ou remonte l’objectif de l’agrandisseur, toute lumière éteinte pour
mieux voir l’image projetée.
On réalise tout d’abord une épreuve
d’essai, en recouvrant les 4/5 du papier photographique pendant 5 secondes, ce
qui fait que seulement 1/5 du papier est exposé. On répète cette opération en
découvrant les 2/5 puis 3/5, 4/5 et entière, de façon à obtenir un cliché
exposé par bandes de 5 à 25 secondes (voir plus loin pour développer, laver et
fixer le papier obtenu). Cette épreuve d’essai permet de choisir le temps
d’exposition.
Une fois le temps d’exposition choisi,
mettre une nouvelle feuille de papier photographique, toujours en lumière
inactinique.
L’exposition étant achevée, plonger
l’épreuve dans le bain fixateur de la cuve de développement. Pendant les 20 à
30 premières secondes, poser la feuille face sensible vers le bas. Agiter
l’épreuve. Retourner l’épreuve et surveiller l’apparition de l’image.
Normalement, en une minute et demie environ, le développement est terminé.
Après que l’épreuve a été sortie et
égouttée du bain de développement, on la plonge dans un bain d’arrêt, en
remuant légèrement. Au bout d’une vingtaine de secondes, l’épreuve peut être
retirée.
Agir de la même façon pour le fixage,
mais celui-ci dure une dizaine de minutes.
Au bout d’une minute ou deux, on peut
rallumer l’éclairage de la pièce qui, jusqu’à présent, n’a été éclairé qu’en
lumière inactinique.
Plonger l’épreuve d ans le bac de lavage
alimenté en eau courante. Attendre une heure environ pour que lavage se fasse
(sinon risque de jaunissement).
Placer l’épreuve sur une surface lisse et
essorer l’excédent d’eau avec le rouleau.
Les papiers à surfaces mates peuvent être
séchés à l’air libre.
Sinon, on utilise une sécheuse glaceuse.
On place les épreuves sur la plaque face en dessous. On rabat le châssis de la
toile. Après que quelques craquements se soient produits, l’épreuve est
prête à se détacher. Soulever la toile et c’est fini.